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Étude de réception de Musée Accessible au Musée des beaux-arts d’Arras. Conception d’un visioguide d’accessibilité universelle.

[Illustration : Tapisserie de Saint-Vaast et l’ours, 15e siècle, Musée des beaux-arts d’Arras, Photographie Musenor]

Augustyniak, Armelle

Musée Accessible est un visioguide en langue des signes française (LSF) sous-titré en français, consacré à huit chefs-d’œuvre du Musée des beaux-arts d’Arras (Pas-de-Calais). Les visiteurs accèdent aux vidéos en scannant avec leur smartphone personnel un cartel-QR Code disposé à côté de l’œuvre . Ce dispositif a été conçu en 2018 par six étudiants de l’Université de Lille, qui ont constaté l’absence d’outil permettant l’appréhension des œuvres par la LSF, alors même que la ville d’Arras abrite une importante communauté sourde et un Centre d’Éducation pour Jeunes Sourds. Développé dans une démarche d’accessibilité des institutions culturelles, il témoigne de l’importance de créer des outils favorisant la rencontre entre les œuvres et les publics, quels que soient l’âge, le niveau de connaissance, le mode de communication privilégié, la situation physique, sensorielle, intellectuelle, mentale, économique et sociale de ces derniers.  Musée Accessible nous amène à interroger la notion d’accessibilité universelle, qui considère qu’un dispositif, conçu à partir des besoins spécifiques de certains publics, permet d’enrichir et de faciliter la visite de chacun des visiteurs. Cette étude expérimentale cherche donc à déterminer la forme et le fond d’un visioguide le plus accessible, en s’appuyant sur les principes de la conception universelle et les retours d’utilisateurs présentant divers profils. Ce travail, conduit par Armelle Augustyniak, a été présenté dans le cadre du master 1 Muséologie à l’École du Louvre, sous la direction de Madame Marie-Clarté O’Neill (muséologue, présidente du CECA de l’ICOM, chercheuse associée à l’Université de Montréal), et avec le soutien de Madame Virginie Dewisme (cheffe du service médiation du Musée des beaux-arts d’Arras).

Conduite au cours de l’année 2020-2021, cette étude a été bousculée par la pandémie de COVID-19. La fermeture des institutions culturelles du 30 octobre 2020 au 19 mai 2021 a nécessité une méthodologie d’enquête moins conventionnelle, tournée vers les nouveaux médias (questionnaire dématérialisé en ligne, réseaux sociaux). Les vidéos du visioguide Musée Accessible étant hébergées sur le site web Youtube, nous sommes parvenus à toucher les publics à distance et recueillir leurs avis. L’analyse de l’accessibilité du dispositif in situ s’est quant à elle cantonnée à notre propre expérience, sous l’égide de critères précisément définis. 

1. De l’accessibilité à la conception universelle

1.1. L’environnement à l’origine de situation de handicap

En France, la Délégation interministérielle aux personnes handicapées définit en 2006 l’accessibilité comme : « La réduction de la discordance entre, d’une part, les possibilités, les compétences et les capacités d’une personne et d’autre part les ressources de son environnement lui permettant de façon autonome de participer à “la vie de la cité” ». Cette définition souligne l’importance de l’environnement dans les situations de handicap. L’accessibilité constitue donc les moyens mis en œuvre par notre société pour favoriser l’autonomie de chacun. Aussi, on parle d’accessibilité universelle dès lors que la démarche est d’accueillir l’ensemble des individus, quelle que soit leur situation. Il s’agit d’une démarche d’inclusion et non d’intégration. D’après l’anthropologue Charles Gardou, la première se distingue de la seconde, au sens qu’elle demande à la société de changer et non aux personnes rencontrant des difficultés de s’adapter. Pour assurer l’égalité entre les citoyens, il est donc impératif de concevoir des systèmes de compensation.

Dans notre cas, les institutions culturelles sont à l’origine de ces situations d’exclusion de leurs potentiels visiteurs. Cela se traduit principalement dans le cadre bâti, et dans les moyens de communications privilégiés, à la fois sur leurs formes et leurs fonds. Ces structures qui sont, selon la définition donnée par l’ICOM en 2007, « au service de la société et de son développement », ont notamment pour mission d’après la loi musée de France de 2002 de « Rendre leurs collections accessibles au public le plus large » et de « Concevoir et mettre en œuvre des actions d’éducation et de diffusion visant à assurer l’égal accès de tous à la culture ». Dans cette démarche de service public, elles ont donc l’obligation de développer des systèmes de compensation afin d’assurer l’accessibilité et l’autonomie de leurs visiteurs. Aujourd’hui, la plupart des institutions ont conscience de l’enjeu, ont défini leurs limites, et ont engagé la démarche. Cependant, pour être solide et pérenne, il est impératif que cette question soit l’affaire de tous les agents. Pour autant, la plus grande difficulté reste le comment bien faire, en évitant la maladresse accessible.

1.2. La conception universelle : envisager une multitude de réalités pour accompagner chacun.

En réponse aux besoins des professionnels de la culture, la méthodologie de conception universelle (ou Design for all, universal design, conception inclusive) fait aujourd’hui des adeptes. Sa définition la plus éclairante est celle proposée par la fondation européenne pour la conception universelle, Design for all, fondée en 2001 : « conception d’environnements, produits et services afin que toutes les personnes, futures générations incluses, sans distinction d’âge, de genre, de capacité ou d’origine culturelle, puissent avoir les mêmes opportunités de comprendre, d’accéder et de participer pleinement aux activités économiques, sociales, culturelles et de loisirs, de manière la plus indépendante possible. ». Cette méthode se veut inclusive et incite à la co-construction avec les publics cibles, les professionnels de la culture, les partenaires techniques de conception et de production. Il s’agit de valoriser et d’exploiter les savoirs-faire et savoirs-être de chacun. Elle permet d’anticiper les difficultés des visiteurs, d’imaginer des solutions compensatoires et inclusives, en sachant que ce qui est bénéfique pour les uns l’est aussi pour les autres.

La conception universelle tend à englober une multitude de réalités, qui vont bien au-delà des quatre principaux champs du handicap (moteur, visuel, auditif et mental). Pour ce faire, il est impératif de bien considérer les personnes en situation de handicap qui relèvent d’un diagnostic médical, mais également l’ensemble des individus étant amenés à rencontrer une situation handicapante. Elle prend en considération des profils et des situations variées, qui vont de la rapide fatigabilité (physique comme mentale) d’une femme enceinte ou d’un enfant, au mode de communication privilégié comme celui d’une personne allophone ou sourde. De plus, les causes de situation handicapante ne sont pas toujours innées. On le constate avec le vieillissement général de la population, qui occasionne une plus grande part de la population présentant une perte d’audition et d’acuité visuelle, et/ou de vivacité à la fois physique et cognitive. Par conséquent, n’importe qui, à un moment de sa vie, peut être touché temporairement ou définitivement par une situation handicapante, visible ou invisible, ce qui occasionne un besoin urgent de rendre notre société, notre environnement, et par extension nos institutions culturelles, plus accessibles et inclusifs. 

2. Méthodologie de l’étude

Au regard de l’actualité sanitaire et de la fermeture des lieux culturels, l’étude s’est conduite en deux temps.

2.1. Les 7 principes de la conception universelle

La première étape a consisté en la visite du musée des beaux-arts d’Arras accompagné de l’outil Musée Accessible. L’ensemble a fait l’objet d’une évaluation, basée sur une grille d’analyse (Figure 1) comprenant les 7 principes de la conception universelle, définis en 1997 par le Centre pour la conception universelle, et des critères précis qui en découlent. Cette dernière permet d’envisager, d’une part le dispositif Musée Accessible dans son environnement, et d’autre part les trois formes d’accessibilité (physique, sensorielle et intellectuelle) au sein de l’institution et ses services de manière globale. De plus, elle permet de compenser l’absence des visiteurs concernant l’appréhension du dispositif dans les salles.

Figure 1. Grille d’analyse pour l’étude In Situ d’après les 7 principes de la Conception universelle

2.2. Le questionnaire d’enquête

La seconde étape a consisté en la diffusion d’un questionnaire dématérialisé aux potentiels visiteurs. Les objectifs de ce dernier sont d’une part de recueillir des retours d’expérience sur la forme et le fond des vidéos constitutives du visioguide disponibles sur Youtube. D’autre part, de suivre la démarche de co-conception prônée par la conception universelle.
L’échantillonnage de notre étude se voulait le plus large possible pour assurer la représentativité des résultats. Il s’adressait donc à tous, quels que soient l’âge, le niveau de connaissance (savant ou néophyte), la situation géographique, sociale, économique, physique, sensorielle et/ou intellectuelle. Le seul prérequis était la maîtrise de la langue française écrite, puisque le questionnaire n’a pas fait l’objet d’une traduction en LSF ou en langue étrangère.

Le questionnaire est composé de six questions permettant de déterminer le profil du répondant (âge, lieu de résidence, avec ou sans particularité, côtoie des individus présentant des particularités ou non, déjà venu au musée, déjà vu les vidéos du dispositif au musée). Nous avons ici préféré le terme « particularité », jugé plus neutre, moins connoté et prenant en considération que certains publics ne se considèrent pas en situation de handicap. Il est complété par la question « J’ai regardé au moins une vidéo » (Oui / Non) afin d’assurer la pertinence de l’avis donné à la question ouverte suivante. La dernière question est ouverte, « Avec vos mots : comment peut-on améliorer la vidéo pour mieux répondre à vos besoins et envies ? », permettant au répondant d’exposer la nature des améliorations à apporter au dispositif Musée Accessible.

L’une de nos cibles étant des répondants à besoins spécifiques, nous avons souhaité un questionnaire le plus accessible possible. Pour ce faire, nous avons privilégié un questionnaire bref, composé de phrases courtes employant un langage simple et clair, ainsi que des réponses illustrées par des pictogrammes (croix rouge, tic vert, 4 familles de handicap) afin de faciliter la compréhension. Également, l’outil Google Forms permettait d’assurer la visibilité de l’ensemble, grâce à un texte noir sur blanc et la possibilité de zoomer sur la page web. Enfin, la version finale du questionnaire a été envoyée pour vérification auprès de Céline, jeune femme sourde, et Françoise Avignon, à l’époque médiatrice dédiée aux publics spécifiques au Musée des beaux-arts d’Arras.

La diffusion du questionnaire Google Forms s’est faite du 1er mars 2021 au 9 avril 2021 par mail et sur les réseaux sociaux (personnels, associatifs et institutionnels). Notre choix s’est porté sur  Google Forms car c’est un outil gratuit, aisé à diffuser (copier/coller d’un lien internet) et facile à utiliser pour le concepteur et le répondant. Nous avons renforcé nos efforts de diffusion auprès des personnes à besoins spécifiques (personnes en situation de handicap, associations, familles et aidants, structures spécialisées et professionnels du domaine) car leurs retours sont cruciaux dans une démarche de conception universelle. Enfin, une vidéo en LSF présentant le questionnaire et l’étude a été diffusée sur les réseaux sociaux par un ancien élève de l’École du Louvre, guide conférencier, et jeune homme sourd, afin de toucher la communauté sourde.

Cependant, ce questionnaire connaît quelques limites. La première est qu’il ne distingue pas la déficience intellectuelle, le trouble cognitif et le trouble psychique, car ils sont réunis sous un même pictogramme. Pourtant, les besoins sont très différents. Également, nous regrettons l’absence de question sur la situation socio-économique et socio-professionnelle des répondants. Enfin, la diffusion opérée ne prend pas en compte la fracture numérique et les situations d’illectronisme.

2.3. Méthodologie pour analyser les résultats du questionnaire

Afin de traiter les réponses des 107 répondants, notre analyse s’est appuyée sur quatre tableaux de classement des données. Un premier recueil de l’ensemble des données (réponses à chaque question pour chacun des répondants). Le second détermine le profil général des répondants. Le troisième tableau classe par typologie les réponses à propos de Musée Accessible. À partir des occurrences et de leurs récurrences, nous sommes parvenus à faire émerger des tendances quant au montage et aux contenus des vidéos. Enfin, le dernier tableau mêle une analyse qualitative et quantitative car il met en rapport le profil des répondants et ce qu’ils disent de Musée Accessible. L’objectif est de mesurer l’impact du profil du répondant sur l’avis émis, et de déterminer l’existence ou non d’une complémentarité des besoins entre les profils.

3. Synthèse des résultats de l’étude

Les résultats de cette étude montrent que le dispositif Musée Accessible n’est pas d’accessibilité universelle. Toutefois, ils proposent des solutions à envisager pour atteindre cet idéal. Par ailleurs, la comparaison entre les attentes évoquées et les profils des répondants a permis de montrer que beaucoup soulignent des améliorations qu’ils apprécieraient pour eux même, mais qui sont absolument profitables aux autres visiteurs. On constate donc que les attentes sont à la fois semblables et complémentaires entre les répondants avec et sans particularité. Ainsi, c’est une conclusion qui va en faveur de l’accessibilité universelle
Par ailleurs, le nombre et la diversité des profils des répondants de cette étude permettent d’assurer la pertinence des réponses données et de déterminer des tendances à envisager dans la conception d’un visioguide.

Voici quelques points essentiels à envisager lors de la conception d’un visioguide :

À propos de la conception :

  • Co-construire et/ou revoir les prototypes avec les publics cibles (publics à besoins spécifiques, enfants, adultes, séniors, familles, etc.).
  • Préférer un interprète LSF sourd car la fluidité et la précision de la parole est plus appréciée par le public cible.
  • Mettre à disposition d’un visioguide ou proposer l’emploi du smartphone personnel du visiteur ?
    Tout dépend du budget que l’institution est en mesure d’allouer au projet. 
    L’usage du smartphone personnel permet de limiter le temps de maîtrise de l’outil et donc de plus rapidement en tirer bénéfice.

À propos de l’expérience de visite  :

  • Anticiper l’accessibilité physique du cadre bâti et des espaces d’expositions. Permet d’assurer que le visiteur se concentre sur le contenu plutôt que sur les obstacles de son environnement. 
  • Prévoir des espaces de repos et d’assises pour anticiper la fatigue physique et intellectuelle du visiteur, inhérente à l’expérience muséale.
  • Assurer la connexion et la disponibilité du Wifi si l’outil le nécessite.
  • Valoriser le dispositif dès l’accueil du musée (logo, pictogramme, panneau informatif).
  • Sensibiliser les agents d’accueil et de surveillance au dispositif afin qu’ils puissent être des ambassadeurs auprès des visiteurs, et apporter leur aide si besoin.
  • Inviter à la déambulation en choisissant des œuvres réparties dans l’ensemble des espaces d’exposition
  • Choisir des espaces d’expositions permettant la bonne circulation des flux de visiteurs.
  • Favoriser l’autonomie pleine et entière du visiteur.

À propos de la forme (figure 2):

  • Accrocher les cartels-QR code dans la zone d’atteinte gestuelle de tous les visiteurs (environ 80 centimètres au-dessus du sol).
  • Maintenir l’attention du visiteur en proposant des vidéos dynamiques et ludiques d’une durée maximum de trois ou quatre minutes.
  • Multiplier les modes d’adresses pour inclure la diversité des moyens de communication privilégiés par les visiteurs : LSF / Sous-titrage / Voix-off ou audiodescription.
  • Privilégier un langage clair et des phrases courtes.
  • Veiller à la visibilité du sous-titrage : Durée d’affichage / Taille des caractères / Contraste coloré.
  • Assurer la meilleure visibilité de l’ensemble en distinguant chaque élément visuel constitutif de la vidéo. Par exemple :
     Sur le côté droit, positionner l’interprète LSF vêtu d’une couleur contrastant avec l’arrière-plan.
     Sur le côté gauche, incruster une photographie de l’œuvre abordée, ponctuellement remplacée par des photographies de détails mentionnés.
     Faire défiler les sous-titres en partie basse, écrit en blanc sur un bandeau noir.
Figure 2. Armelle Augustyniak, juin 2021, prototype de visioguide accessible

À propos du contenu :

  • Apporter une plue-value à la visite, en complétant l’existant (panneaux de salle, cartels, etc.). 
  • Diversifier les contenus (œuvres, époques, artistes, techniques, etc.).
  • Construire chaque vidéo de manière indépendante. Le visiteur doit pouvoir comprendre le contenu sans avoir à regarder toutes les vidéos.
  • Définir les termes complexes s’ils sont indispensables.
    Sinon, les remplacer par un synonyme plus simple et mieux connu de tous.
  • Ajouter des plans de détails de l’œuvre évoquée, sur une assez longue durée, pour dynamiser la vidéo et faciliter la localisation dans l’œuvre des éléments mentionnés.

Conclusion

À la suite de cette étude, dans le cadre de l’élaboration de ses nouveaux parcours de visite, le Musée des beaux-arts d’Arras a engagé une démarche de refonte de Musée Accessible afin de prendre en considération les éléments soulevés ici. La seconde phase consistera en l’enrichissement du dispositif avec de nouvelles œuvres de la collection permanente.

Bibliographie

Loi n°2002-5 du 4 janvier 2002 relative aux musées de France
 Sur : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000769536/

Loi n°2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées
Sur : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000809647

Ministère de la Culture et de la Communication, Guide pratique de l’accessibilité, Coll. Culture et Handicap, février 2007
Sur : https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Developpement-culturel/Culture-et-handicap/Guides-pratiques/Culture-et-handicap.-Guide-pratique-de-l-accessibilite-2007

Ministère de la Culture et de la Communication, Expositions et parcours de visite accessibles, Collection Culture et Handicap, septembre 2016
Sur : https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Developpement-culturel/Culture-et-handicap/Guides-pratiques/Expositions-et-parcours-de-visite-accessibles-2017

APF France handicap, La conception universelle, avril 2011
Sur : http://accessibilite-universelle.apf.asso.fr/la-conception-universelle.html

BEDOIN, Diana. (2018). Sociologie du monde des sourds, coll. Repères, éd. La Découverte, Paris, 2018.

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