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Le musée incarné : investir le corps des visiteurs.

Zeo, Guirec

[Image : Anonyme, Sans Titre, 1930, Musée Nicéphore Niepce, Chalon-sur-Saône ]

Cet article est une réflexion condensée issue d’un mémoire de master 2 Politiques culturelles soutenu le 19 juin 2019 à l’Université Bretagne Sud (56). Intitulé « Le musée incarné, de l’appréhension du « corps-visiteurs » par le musée », ce mémoire tente d’analyser l’engagement de l’institution muséale vis-à-vis de la corporéité de ses visiteurs.

Plusieurs enquêtes et entretiens ont été réalisés dans le cadre du mémoire. L’une des deux enquêtes a cherché à recueillir les observations de professionnels des musées et de leurs publics sur le thème de la sensorialité au musée. La seconde enquête s’est attachée, quant à elle, à recueillir les avis des visiteurs de musées – et de ceux qui ne les fréquentent pas – concernant le comportement qu’ils leur semblent obligatoire d’adopter au cours d’une visite muséale. À ces deux outils de réflexions se joignent deux entretiens. Dans un premier temps, c’est l’association belge Apex, spécialisée dans la conception d’expositions sensorielles, qui s’est prêtée au jeu de l’interview. Puis, dans un second entretien, Fabienne Ruelland, médiatrice culturelle au Musée des Beaux-Arts de Quimper (29), a développé sa vision de l’appréhension sensorielle et corporelle des visiteurs par les musées des beaux-arts.

Depuis une quarantaine d’années, la progressive aperception de l’institution muséale sur la place et le rôle de ses visiteurs engendre de nombreuses évolutions dans sa structuration et ses propositions. L’une de ces mutations se traduit par la prise en compte de la corporéité et de la sensibilité – dans toute la polysémie du terme – de ses visiteurs : le musée deviendrait-il un médiateur entre le visiteur et son incarnation, destituant du même coup la centralité des collections muséales, désormais mises au service d’une nouvelle appréhension de « soi » ?

Du corps des publics à celui du visiteur: de l’ignorance à l’omniprésence.

Photographie 1 Photographie 1 – Corps à corps entre un Hercule du 3e siècle et un visiteur du 21e siècle © G.Zeo

Ce glissement du musée vers le corps du visiteur s’inscrit dans un schéma sociétal plus large évoqué par les penseurs et critiques de l’hypermodernité. Dans une société devenue « liquide » (Baumann, 2007), où l’hyperindividualisation semble effective, « l’homme hypermoderne aurait un nouveau corps », corps qu’il chercherait à rejoindre par le biais d’une « fusion de l’éprouvé corporel, affectif et intellectuel » (Marteaux et al., 2009. p.94). Ce « nouveau » rapport à la corporéité s’inscrit dans l’histoire complexe de la relation qu’entretient l’individu occidental avec son « incarnation ». Rejeté, invisibilisé ou encore discipliné sous l’influence de la pensée somatophobe chrétienne (Brown, 1995 ; Rousselle, 1983 ; Vigarello, 2018), cet intercesseur de soi au monde qu’est le corps s’est progressivement vu revalorisé au cours des derniers siècles, jusqu’à devenir – aujourd’hui – omniprésent dans une société hédonique en proie à l’urgence d’un bonheur instantané (Aubert, 2003 ; Augé, 1992 ; Lipovetsky, 2006, 2017).

Le musée ne semble donc pas avoir échappé à cette incarnation ubique : séminaire en 2012 à l’École du Louvre intitulé « Le corps au musée », multiplication des visites et ateliers sensoriels depuis une dizaine d’années, organisation de séances de yoga et « bien-être » au sein des structures… Pourtant, l’introduction du corps du visiteur à l’intérieur de l’institution muséale s’est faite plus lente qu’ailleurs : la silencieuse sacralité de l’institution, la discipline inhérente à ses règlements et, de ce fait, la vigueur du «pacte muséal» (Antichan(1)) ont sans doute constitué les principales entraves à l’affranchissement du corps du visiteur.

C’est la constitution, à partir des années 1980, de services muséaux destinés à penser et accueillir « le public » ainsi que la formation de leur personnel, qui a engendré le développement d’une approche incarnée du public puis sa déconstruction graduelle en « publics », et parfois même en « non-publics » (Lafortune, 2012). Le travail de ces professionnels a entraîné le développement d’une conception « personnelle » du visiteur : une multitude de visiteurs a dès lors été catégorisée en fonction de caractéristiques physiques évolutives (âges, déficiences, etc.). Ainsi, ce n’est plus une foule de flâneurs qu’il est désormais question d’accueillir au musée mais « un corps des visiteurs actif plutôt que passif, flexible plutôt qu’ordonné, fragmenté plutôt que collectif » (MacDonald, 1993). En ciblant le corps du visiteur pour le définir, le musée se détourne peu à peu d’une perception abstraite, collective et catégorisée de son visiteur pour entrer dans un paradigme de l’incarnation : dorénavant considéré par les professionnels du musée comme un être intellectif et émotionnel, le visiteur habite un corps sensible devenu le lieu et l’enjeu de nombreuses expériences muséales.

D’un plaisir muséal aux plaisirs d’être au musée : la réalité d’un hédonisme muséal?

Si le corps du visiteur est institué comme un épicentre parmi d’autres au musée, c’est également en raison de l’institutionnalisation du plaisir comme l’une de ses principales missions. Les définitions du musée proposées par la loi française 2002-5 du 4 janvier dite « Loi Musée de France » et par le Conseil International des Musées (ICOM) cinq ans plus tard témoignent, par exemple, de l’éclosion de ce qui peut être désigné comme un hédonisme muséal. Toutes deux établissent le « plaisir » et la « délectation » comme dynamiques inhérentes aux actions destinées à intégrer les visiteurs à l’institution. Or, c’est au sein d’un même territoire, celui du corps, que naissent d’abord les plaisirs, qu’ils soient intellectifs ou sensibles.

Avec cette intronisation du plaisir comme finalité, le musée cherche à se distinguer de « l’école, affirmant que la lourdeur des démarches didactiques n’était pas de son ressort, et qu’il devait affirmer le plaisir comme maître mot » (Chaumier, 2011, p. 74). Déployer le plaisir au musée, c’est tenter de le rendre à la fois séduisant et – en apparence – accessible à tous. Cette vision s’avère partagée par les professionnels ayant répondu à l’un des deux questionnaires crées afin d’étayer l’analyse soutenue par le mémoire. Intitulé « Le Musée incarné », cet outil visait à interroger les pratiques et conceptions des professionnels évoluant auprès des visiteurs de musées francophones (Québec, Suisse, Belgique, France). Sur les 15 interrogé.e.s exerçant au sein d’un musée français, 11 d’entre eux embrassent l’idée que l’institution muséale se doit de privilégier le plaisir et le confort de ses visiteurs plutôt que la connaissance de ses collections. Cet hédonisme muséal s’inscrit bien entendu dans une inflexion plus large (Chaumier, 2007), celle d’une quête sociétale de « l’euphorie perpétuelle » (Bruckner, 2000)(2). A contrario, il peut aussi être considéré comme le signe d’une prise en compte grandissante du visiteur en tant que personne.

Un plaisir in fine pluriel ?

D’une part, il existe un « plaisir muséal » à proprement parler. Intellectif, celui-ci est directement lié à l’acquisition par le visiteur de savoirs associés à la collection et transmis par l’institution (Chaumier, 2007, 2011). Simultanément, des « plaisirs d’être au musée » émergent. Ces derniers, éloignés du « plaisir muséal » sans toutefois s’y opposer en permanence, sont associés à certaines propositions de médiation, d’actions évènementielles ou encore à des espaces singuliers, tels que la boutique du musée et son café, visiblement déconnectés des aspirations « historiques » du musée.

Ces deux catégories de plaisirs que le musée soumet à la délectation de ses visiteurs peuvent investir de manières similaires mais à des fins radicalement différentes leur corporéité. Si le « plaisir muséal » se sert avant tout du corps comme moyen pour atteindre l’intellect de la personne, les « plaisirs d’être au musée » – différents du simple « plaisir d’être au musée » proposé par Nathanaël Wadbled (Wadbled, 2015) – ont quant à eux pour cible et pour fin le corps même du visiteur. Dans le premier cas, le musée appréhende le corps comme un outil, un médiateur, au service de la transmission des savoirs tandis que dans le second, le corps du visiteur devient la finalité des plaisirs d’être « là » proposés par l’institution. C’est alors un « corps-visiteur » qui est d’abord saisi par le musée.

Permettre aux visiteurs de se délecter de leurs visites demande aux musées de développer les mécanismes qui autorisent la naissance des plaisirs précédemment évoqués. Ceux du marketing expérientiel et du marketing sensoriel, l’un n’allant plus sans l’autre, apparaissent comme les principaux rouages de la mécanique hédonique muséale où se côtoient, et parfois se confrontent, l’idéal originel de diffusion des connaissances et la quête des plaisirs.

Le corps au musée : outil d’apprentissage et instrument de plaisirs ?

Photographie 2 Photographie 2 – Visite sensorielle au Musée départemental breton © G.Zeo

L’une des conséquences de cette mécanique est l’émergence d’un nouveau régime sensoriel au musée, ce dernier devenant un espace vécu de multiples manières. L’ancien crédo résumé par la formule simple de Westover : « Reading, listening, contemplation » (Westover, 2014, p. 227) apparaît comme dépassé. Désormais, le musée se voit, se sent ou encore s’écoute.

Devenue sensorielle – expression aujourd’hui galvaudée – l’institution muséale génère de nouvelles propositions de médiation qui utilisent le corps comme un outil au service du savoir en vue d’obtenir l’expérience d’une connaissance vécue. La médiation sensorielle, lorsqu’elle n’est pas qu’un habillage communicationnel, permet d’accroître l’implication du visiteur. De nombreux auteurs, tels qu’Édouard Gentaz, montrent l’utilité de l’apprentissage polysensoriel. En permettant d’investir sa collection par le toucher ou l’odorat, le musée donne la liberté aux intelligences multiples de mieux comprendre l’objet de la médiation et se rend accessible à une pluralité de visiteurs, qu’ils soient déficients sensoriels ou non. Les partisans de la médiation sensorielle provoquent ainsi la réintroduction du « corps-connaissant » (Mauss, 1938) et contribue à perturber la hiérarchie « dixneuviémiste » des sens tout en rééquilibrant la relation visiteur-collection. La visite sensorielle proposée par la médiatrice du Musée départemental breton de Quimper en est un bon exemple – parmi tant d’autres. Pendant plus d’1h30, les visiteurs sont immergés dans une visite interactive. Les yeux bandés lorsqu’ils doivent manipuler des objets ou encore sentir des odeurs liées aux collections archéologiques du musée, les participants s’engagent dans un jeu qui consiste à deviner le nom et l’utilité des objets qui passent entre leurs mains. La matière, le poids, la longueur, sont discutés avec la médiatrice et les autres visiteurs. Puis, vient le temps de l’explication qui est apportée par la médiatrice et augmentée par les témoignages de certains visiteurs. L’idée, ici, est d’induire un rapport horizontal entre tous : pas de corps majestueux d’un guide monologuant pendant deux heures mais, au contraire, une médiation inclusive qui privilégie la rencontre avec l’autre et avec l’objet.

Cette médiation sensorielle peut s’accompagner en parallèle d’un souci de l’institution pour le confort de ses visiteurs. Dans certains cas, les musées chercheraient à instituer au cours de la visite un état de « tranquillité corporelle », expression de Marcus Weisen relayée par Cindy Lebat (Lebat, 2017). Des stations de repos sont ainsi parfois aménagées au sein des espaces d’expositions, temporaires ou permanentes : chiliennes, fauteuils, zones dégagées d’œuvres … L’idée est de limiter l’impact d’une fatigue muséale avant tout corporelle sur l’attention et la concentration du visiteur en instaurant des « sas » de décompression.

Enfin, en se dégageant de ses prérogatives intellectives sous couvert d’un hédonisme muséal, le musée offre parfois la possibilité de s’engager en son sein par l’expérience instantanée d’une sensualité le plus souvent exacerbée : le visiteur est dès lors appréhendé en tant que « corps-visiteur ». Dans ce cas précis, une action de médiation sensorielle n’en est plus vraiment une dans le sens où sa finalité est de permettre au visiteur de s’expérimenter en tant qu’être sensoriel avant de faire l’expérience de la médiation. Ce « corps-visiteur » acéphale se trouve ainsi délesté de toute prise de recul face à ces propositions car le sentiment d’immersion « renvoie en définitive à une expérience intense qui se caractérise par une augmentation de l’émotion et une diminution de la distance critique » (Mariani, 2007, p.58).

Par ailleurs, ce sensualisme incarné par ces « corps-visiteurs » sert au musée à se vendre et à s’illustrer, au travers d’un discours parfois performatif, en tant qu’espace vécu. Le « corps des visiteurs » (Macdonald, 1993), lui est devenu indispensable car il lui permet de s’extirper de sa réputation d’espace froid, vide, silencieux et désincarné. Intégré au sein de la communication par le biais des réseaux sociaux, ces visiteurs en tant que corps se trouvent même engagés à « faire le musée » par leurs productions : selfies devant un tableau, imitation d’une statue, etc. Les objets de la collection sont alors relégués, littéralement, au second plan. Dès lors ce qui attire avant l’œil du visiteur virtuel est, peut-être, moins la possibilité d’apprendre un nouveau savoir que l’envie de se retrouver soi-même en photographie sur les réseaux du musée.

Les nombreuses expériences sensorielles et immersives proposées actuellement par les musées se donnent à vivre assez souvent en solitaire. Ces expériences bien que communes ne sont, en effet, par forcément collectives : le corps commun des publics s’éclipse au profit de celui personnel du visiteur. La nouvelle définition proposée au cours de l’été 2019 par le Conseil International des Musées (ICOM) invite peut-être à résoudre ce problème. De plus, l’absence totale de « délectation » ou de « plaisir » au sein de cette dernière invite à une dernière réflexion : le musée chercherait-il à se défaire du paradigme hédoniste dans lequel il se trouve depuis au moins vingt ans ?

Notes:

(1) ANTICHAN, Sylvain, « Le corps des visiteurs dans les expositions. Hypothèses & pistes de recherche », in MEMU Working paper n°3 (En ligne), (Consulté le 2 février 2019). Disponible sur : https://memu.hypotheses.org/files/2015/02/Les-corps-des-visiteurs.-WP-3.pdf

(2) En témoigne l’enquête IPSOS-NRJ Global de 2011 qui indique que la quête du plaisir – et non pas du bonheur – est « la troisième priorité des Français, après rester en bonne santé et être heureux en amour ».

Bibliographie indicative :

ANTICHAN, Sylvain, « Le corps des visiteurs dans les expositions. Hypothèses & pistes de recherche », in MEMU Working paper n°3 (En ligne), (Consulté le 2 février 2019). Disponible sur : https://memu.hypotheses.org/files/2015/02/Les-corps-des-visiteurs.-WP-3.pdf

AUBERT, Nicole. (2003). Le culte de l’urgence. La société malade du temps, Paris : Flammarion.

AUGÉ, Marc. (1992). Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité. Paris : Le Seuil.

BAUMANN, Zygmunt. (2013). La vie liquide, Paris : Hachette.

BELAËN, Florence. (2005). « L’immersion dans les musées de science : médiation ou séduction ? ». Culture & Musées, n°5, 2005, p. 91-110.

BRUCKNER, Pascal. (2000). L’Euphorie perpétuelle : essai sur le devoir de bonheur, Paris : Grasset.

BROWN, Peter. (1995). Le renoncement à la chair ; virginité, célibat et continence dans le christianisme primitif, Paris : Gallimard.

CHAUMIER, Serge. (2007). « « Apprendre en s’amusant », nouveau credo pour la culture ? ». Réalités industrielles, Annales des mines, Paris : Éditions Eska, p. 60-65.

CHAUMIER, Serge. (2011). « La Nouvelle muséologie mène-t-elle au parc ? ». In : CHAUMIER, Serge (dir.), Expoland. Ce que le parc fait au musée : ambivalence des formes de l’exposition, Paris : Éditions Complicités, p. 65-88.

LAFORTUNE, Jean-Marie (dir.). (2012). La médiation culturelle, le sens des mots et l’essence des pratiques. Québec : Presses de l’Université du Québec.

LEBAT, Cindy, « La fatigue muséale : le musée peut-il être confortable ? Morceaux choisis de l’intervention de Cindy Lebat », 2017, (En ligne), (Consulté le 12 février 2019). Disponible sur : https://www.metis-lab.com/article/la-fatigue-museale-le-musee-peut-il-etre-confortable-morceaux-choisis-de

LIPOVETSKY, Gilles. (2006). Le bonheur paradoxal : essai sur la société d’hyperconsommation, Paris : Gallimard.

LIPOVETSKY, Gilles. (2017). Plaire et toucher : essai sur la société de séduction, Paris : Gallimard.

MACDONALD, Sharon. (1993). « Un nouveau « corps des visiteurs » : musées et changements culturels ». Publics et Musées, n°3, 1993, p. 13-27.

MARTEAUX, Séverine, MENCARELLI, Rémi, PULH, Mathilde. (2009). « Quand les institutions culturelles s’ouvrent au marketing sensoriel… et s’en défendent : enjeux et paradoxes ». Management & Avenir, n°2, vol. 22, 2009, p.92-108.

MARIANI, Allessandra. (2007). « L’immersion sensible : une autre façon de transmettre les contenus ? ». In Muséologies. Les cahiers d’études supérieures, vol. 2, p. 48-75.

ROUSELLE, Aline (1983). Porneia. De la maîtrise du corps à la privation sensorielle. IIe-IVe siècles de l’ère chrétienne, Paris : Puf.

VIGARELLO, Georges (2018). Le corps redressé : histoire d’un pouvoir pédagogique, Paris : les éditions du félin.

WADBLED, Nathanaël. (2015). « La sensation d’être au musée : une expérience éducative, sensorielle et récréative » in BOGDAN, Cristina, FLEURY, Béatrice, WALTER, Jacques (dir.), Patrimoine, création, culture. À l’intersection des dispositifs et des publics, Paris : L’Harmattan, p. 49-66.

WESTOVER, Andrew, « Art of the whole body », 2014 (En ligne), (Consulté le 12 décembre 2018). Disponible sur : http://blogs.getty.edu/iris/art-for-the-whole-body/

ZEO, Guirec. (2019). Le musée incarné, de l’appréhension du « corps-visiteurs » par le musée. Mémoire de Master 2 politiques patrimoniales, développement culturel et territoires, Lorient : Université Bretagne Sud. Disponible sur : https://drive.google.com/drive/folders/1s5rUQu7_O2Gb26AzLaF30OHJFeDCajet?usp=sharing

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